Seconde 10

Voici "La simple Vie d'Aude Duron", roman naturaliste réalisé par 34 élèves de seconde.

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Préface.

Par Seconde 10 :: 02/02/2006 à 10:14 :: Préface.

Bienvenue à vous, chers visiteurs !

 

Vous allez découvrir dans ce blog le récit de la vie d’Aude Duron, une provinciale qui décide de s’installer à Paris pour tenter de trouver un travail de femme de chambre. Peu à peu, elle découvre les plaisirs de la capitale mais surtout ses dangers.

Cette histoire qui a été écrite par les élèves de la seconde 10 du lycée Francisque Sarcey situé à Dourdan est une histoire naturaliste inspirée du très célèbre roman d’Emile Zola, L’Assommoir, que nous avons étudié parallèlement à ce travail d’écriture. Notre roman comporte 17 chapitres et chacun a été écrit par deux élèves de la classe. 

         Vous vous demandez sans doute pourquoi notre roman est un récit naturaliste ?    

 

En effet, nous avons voulu que cette œuvre paresse la plus vraie possible, la plus proche de la réalité du Paris de la fin du XIXe siècle. Tous les lieux  ont été décrits tels qu’ils étaient à l’époque de l’histoire.

Comme Zola, qui travaillait énormément ses brouillons et constituaient d’énormes dossiers préparatoires, ce projet a été l’occasion de nombreuses recherches sur les lieux, les conditions de travail, le langage et le mode de vie du petit peuple de Paris.

Nous avons également adopté les lois que doit respecter tout auteur naturaliste qui se respecte. Zola, en effet, en théorisant le mouvement naturaliste s’est inspiré des théories scientifiques de Taine et de Claude Bernard qu’il a appliquées dans ses romans.

Ainsi, nous avons tenté de montrer nous aussi comment les hommes étaient influencés par leur milieu naturel et comment ils étaient déterminés par leur hérédité.

Par conséquent, Aude, notre héroïne, est malchanceuse et victime des hommes comme se fut le cas, déjà, pour sa mère. Puis les lieux qu’elle traverse sont à l’image de son parcours social.

Pour finir, notre roman s’intitule La simple vie d’ Aude Duron. Nous nous sommes inspirés du premier titre que Zola avait envisagé pour L’Assommoir et qui était La simple vie de Gervaise Macquart. Il avait préféré le premier car il voulait davantage faire le roman du peuple de Paris que le roman d’un destin individuel. Nous avons voulu, quant à nous, nous recentrer sur un seul destin. Nous avons considéré que ce destin était assez représentatif du destin des ouvrières et domestiques parisiennes de la deuxième moitié du XIXe siècle. 

 

Nous espérons que vous allez passer un bon moment, n’hésitez pas à nous faire part de vos commentaires.

Bon voyage au côté de cette pauvre Aude dans le Paris du XIXe siècle.

 

   Au fait, Gervaise se cache dans un des chapitres. Saurez-vous la trouver ?

chapitre 1

Par Seconde 10 :: 02/02/2006 à 12:43 :: Général

Après avoir  parcouru plusieurs rues, Aude s’arrêta devant un grand hôtel. On pouvait y voir plusieurs fenêtres et un magnifique balcon qui donnait sur la butte Montmartre. Cet hôtel avait deux étages. Il se trouvait sur le boulevard de La Chapelle en face d’une petite épicerie.
Elle avait attendu ce moment depuis si longtemps … s’installer à Paris. Elle venait d’une petite campagne, et avait été obligée de la quitter après la mort de sa mère.
Sa première intention était de trouver du travail. Elle interrompit ses pensées et se décida enfin à rentrer.
Impressionnée par l’ampleur du bâtiment, elle resta figée au milieu de la réception. Il y avait des tableaux de diverses tailles sur chaque murs, de belles représentations des vues de Paris comme Le Louvre, La Seine et l’Arc de Triomphe.
Elle tourna la tête et vit une petite bougie posée sur le comptoir en bois recouvert de marbre. Le plafond d’une hauteur impressionnante était habillé d’un grand lustre en cristal qui mit des étoiles dans les yeux d’Aude.
A l’arrière de la réception, on pouvait voir de magnifiques fauteuils en velours sombre autour d’une table basse où était posées des roses rouges dans un vase doré. Tout à coup, un homme à l’expression stricte  et portant une veste noire en coton qui laissait apparaître sa chemise blanche en soie, l’interpella.

-" Bonjour Madame, dit l’homme.
- B... B …bonjour, répondit Aude en bégayant.
- Qu’est ce qui vous amène à l’hôtel Le Marquis ? 
- Je suis à la recherche d’un travail, Monsieur.
- Je vois … est-ce utile de vous dire que vous n’en trouverez pas avec cette tenue ?
- Heu! …
- Je vous conseille de vous changer  si vous voulez vraiment cette place ! "

Prête à tout pour trouver un travail, elle supplia l’homme et lui fit la promesse de changer rapidement. Elle insista sur le fait qu’il lui fallait vraiment cette place.
L’homme avoua qu’il lui fallait une femme de chambre au plus vite. Il lui accorda donc sa confiance, et appela un des valets de chambre.
Le valet lui confia une longue robe noire, et un tablier blanc avec de jolies dentelles. Il lui conseilla aussi de s’attacher les cheveux en chignon.
Enfin, il lui donna un trousseau sur lequel se trouvait une seule clef, la clef de la chambre qu’elle devait nettoyer.

 

Véronique et  Sonia L.

Chapitre 2

Par Seconde 10 :: 03/02/2006 à 18:10 :: Général

          

      A la fin sa journée de travail, Aude avait été conduite dans sa chambre et y avait passé sa première nuit.

Le lendemain, Aude se réveilla lentement et ouvrit ses yeux encore lourds de fatigue.  Elle promena son regard le long de la pièce en essayant de se souvenir de l’endroit où elle pouvait bien être. Elle se trouvait sous les toits de l’hôtel Le Marquis. Un large sourire éclaira son visage à la pensée qu’elle avait dorénavant un travail et qu’elle vivait à Paris. Elle avait réalisé son rêve. Aude se souvint qu’un valet de chambre l’avait emmenée ici après sa première journée de travail en lui déclarant que c’était ici qu’elle dormirait désormais. La veille, elle était arrivée à la nuit tombée mais maintenant le soleil était levé et la nouvelle femme de chambre  pouvait admirer son nouveau logement. Elle n’avait pas vu cette petite fenêtre à deux mètres du sol, inclinée et poussiéreuse. Elle prit l’unique chaise, monta dessus et enleva trois centimètres de poussière tout en dérangeant quelques araignées. A travers la fenêtre un spectacle grandiose attendait Aude. Elle se retourna et put enfin évaluer  sa nouvelle chambre. Elle logeait sous les combles de l’hôtel et son modeste logement se composait d’un lit en bois en piteux état, avec un matelas auquel il manquait quelques épaisseurs de plumes. Il y avait aussi une chaise mangée par les termites, une petite table qui avait un pied cassé. Un vieux bougeoir tenait en équilibre dessus avec trois bougies déjà utilisées. Dans un coin de la chambre se trouvait un pot de chambre aux couleurs fanées. La jeune fille se sentait heureuse malgré la misérable chambre qu’elle occupait. Elle avait un travail, un logement et un petit pécule. Aude regarda avec tendresse le trousseau de clef que lui avait remis son patron la veille. Cette clef était le début de la belle carrière qu’elle accomplirait. La petite demoiselle se pencha et ramena vers elle la malle qu’elle rangeait sous son lit lorsque la porte s’ouvrit.

Une jeune femme à peine plus âgée qu’elle entra et prit la parole :

_ « Salut toi ! T’es la nouvelle ? Ouais bien sur. Moi, c’est Eugénie.  Tiens, lui dit-elle en lui tendant une petite bassine de fer blanc et un petit cruchon, ça va t’ servir ! 

_ Que …commença Aude.

_ Ha ! Ouais ! mamzelle, le cruchon c’est  ta flotte d’la s’maine pour te décrasser. Tu l’fais dans la bassine après tu la laves et quand t’a fini tu me la refiles. On s’la tarpage à deux, c’est le singe qu’il dit !

_  Le singe ?

_ Ouais, le chef de l’hôtel, quoi ! Il a l’sac. C’est un aristo qui se fait du blé sur ceux qui se rafalent ! Comme j’vois que t’es une nouvelle, j’t’explique les règles ! Faut que je te dise qu’ici quand le garçon vient frapper à toutes les portes, faut te lever et te loquer. Il se ramène vers cinq heures trente. E’suite, tu descends et tu fais bien ton travail ! Pour rispailler, c’eux qui t’fournissent mais on s’tape les arlequins, bah ouais, les balthazars c’est pas pour les chiffons ! 

_  Les chiffons ? demanda Aude.

_  Bah ouais, nous quoi ! Les femmes de chambre ! Dis donc, va falloir qu’ t’apprenne à causer comm’ nous, toi !

_ C’est tout ? 

_ Ben nan les sorties en ville, c'est interdit sans l’accord du vieux !  On commence le travail à six heures cinq, on a une p’tite pause de huit à neuf où on peut se caler mais on s’farce nos lits et l’rangement ! T’a fini t’travail quand t’as pus d’chambres."

 

Eugénie continua un peu à donner ses précieux conseils. La porte des piaules fermaient à huit heures l’hiver et neuf  heures les soirs d’été et les chiffons devaient se méfier des hommes mal intentionnés.

 

_" Surtout te conduis pas comme une gaupe si tu veux pas te faire virer ! pasque  j’en connais une qui se f’sait relicher par les matous, elle a fait des queues à son homme et par un suiffard elle a avalé un pépin ! Elle s’est fait jeter à la rue et s’est raffalée ! Bien fait ! Cel’ là j’pouvais pas la sentir, à toujours faire son aristo !

Bon j’crois que je t’ai tout dit ! A plus, au bagne ! "

 

Aude sourit car cette femme était pleine de vie et que ses conseils seraient fort utiles. Elle se demanda si elle devait parler comme elle. Sûrement !

Elle ouvrit sa malle et prit sa longue robe de coton noir qui descendait jusqu’au pied, un ravissant petit col de dentelle blanche qui serrait le cou, puis elle sortit un tablier blanc qui suivait la forme de sa robe et deux petites chaussures noires plates. Ce serait désormais son uniforme de femme de chambre. Son uniforme de « chiffon » comme aurait dit sa voisine ! Elle espérait nouer plus de liens avec elle, une amie dans la place, c’était toujours utile. Aude se débarrassa rapidement de sa chemise de nuit et commença à se laver. Elle laissa glisser l’eau froide qui faisait frissonner sa peau. Lorsqu’elle eut fini, elle s’habilla et ramena ses longs cheveux blonds, seul héritage de sa mère, en un chignon serré dégageant sa nuque blanche. Elle resserra le tablier, se regarda une dernière fois et sortit d’un pas allègre.

 

Magali et Célia.

Chapitre 3

Par Seconde 10 :: 04/02/2006 à 13:00 :: Général

 

       Deux semaines passèrent sans incident. Le propriétaire de l’hôtel bourgeois avait reconnu  qu’Aude faisait un travail propre et soigné depuis son arrivée à l’hôtel, aucune plainte n’avait été adressée contre elle.

Aude reçut deux autres clés pour compléter son trousseau et le patron lui accorda un jour de congé qu’elle passa avec Eugénie.

Aude et Eugénie avaient organisé un pique nique dans le square Willette près de la place Saint- Pierre

Le square Willette était un square récemment aménagé sur le versants sud-est de la butte Montmartre au pied du Sacré cœur.

- "C’est splendide ! tu ne trouves pas ? demanda Aude.

- Ouais mais moi je préfère passer mon temps libre dans les mannezingues.

- Dans les quoi ?

-Ouais les mannezingues, les cabarets, enfin.

-Comment tu y entres ? les places sont chères ?

- J’gobelotte en rencontrant plein de gaupes. Suffit d’savoir avec qui s’radiner.

-Et  y a beaucoup de monde ?

-C’est plein d’aristos, de gadoues et de bassins qui font leurs tatas avec leur melons et leurs fanfreluches. Y’a aussi les flatteurs avec leur crincrin, de vrai suiffard ceux là. Et tout l’monde écoute la chanteuse et pis regarde les danseuses se trémousser.

-Dis donc, ça en fait du monde.

-Et pis le plus bate c’est la salle. Elle rayonne de flambeaux.

- Paris est une ville merveilleuse. Moi j’aime me promener dans ses jardins, mais c’est bruyant quand même, le contraire de ma ville natale, ajouta Aude.

- Entre chiffons j’vais te dire quequ’chose, à Paris faut pas rêvasser, y pourrait t’arriver des bricoles, faut faire gaffe aux matoux aristos qui pourraient te faire des mistouffes.

- Oui, j’t’acherai de suivre tes conseils.

- Allez y’en assez de faire sa tata. Tu ne m’as pas assez parlé de toi et de tes loisirs.

- Après le travail, je vais au parc pour lire un peu et me détendre à l’ombre des arbres. Je me ballade, mais tu sais, ce que j’aimerais faire c’est peindre, ou encore aller au théâtre.

- Qu’est ce c’est que ces loisirs de mémères ! Tu te montes le bourrichon ma vielle 

- Bah qu’est ce qu’il y a ?

- Tu te dégommes, c’est pas pour toi. J’te propose quequ’chose, on devrait aller un soir au Boum-Boum.

- Qu’est ce que c’est, un bastringue ? questionna Aude

- T’as rien dans l’ciboulo ! c’est le cirque Medrano, un cirque de clowns. Le singe c’est Girolamo Medrano. Il est à l’angle de la rue Martyrs et du boulevard Rochechouart. "

 

La discussion continua ainsi jusqu’à ce que l’après midi ensoleillé fit place à un soir plus frais.

 

- "Il se fait tard, il faudrait que nous rentrions,. proposa Aude .

-Suis moi, on va prendre la rue Livingstone, " obtempéra Eugénie.

Elles parcoururent la rue Livingstone sur une centaine de mètres puis continuèrent dans la rue Orsel. A un moment donné, les femmes de chambre tournèrent à droite pour rejoindre la chaussée Clignancourt  puis tournèrent à gauche boulevard de Rochechouart. En passant devant le cirque Medrano, Eugénie se mit a chanter.

 

« Ell’ march’ tout droit, sans se retourner,

Sans s’déhancher, sans s’arrêter…

La femme honnête.

Et d’ses jupons à pein’troussés

S’exhalent des parfums distingués…

La femme honnête !

On n’sait pas c’qui peut arriver…

La roublardette ! »

 

Elles arrivèrent enfin sur le boulevard de la Chapelle.

 

Camille et Séverine.

Chapitre 4

Par Seconde 10 :: 05/02/2006 à 17:22 :: Général

      Le lendemain Aude reprit son travail. Elle devait s’occuper d’une nouvelle chambre. Elle atteignit le deuxième étage et commença par inspecter chaque pièce avant de commencer le nettoyage.

Elle commença par visiter la salle de bain et elle comprit, à la vue du rasoir soigneusement rangé sur le lavabo, que c’était un homme qui occupait cette chambre. A côté de la bassine en cuivre, elle aperçut un placard de couleur indigo et à l’intérieur toutes les affaires de bain et de toilette du client. Elle sentit distinctement un parfum d’une odeur étrangère.

Aude alla ensuite dans la pièce principale et elle eut l’étrange sensation de faire le tour du monde. Au fur et à mesure que son regard balayait la pièce, elle se dit avec une inexplicable satisfaction que l’homme qui habitait là devait être très riche. Les tapis d’orient, la montre suisse, les tableaux, tout laissait à penser que cet homme devait être quelqu’un d’important.

Sur le mur de gauche, elle vit le portrait d’une femme nue et sur sa droite elle vit celui d’un homme qui avait une certaine classe. En regardant plusieurs fois ces deux tableaux, elle conclut par instinct qu’ils devaient refléter la personnalité de l’occupant. D’autres objets l’interpellaient. Sur la cheminée, à côté du lit, elle vit une superbe horloge en marbre sur laquelle trônait une statuette féminine recouverte par endroit d’une matière qu’elle prit pour de l’or. Comme elle ne voyait pas très bien, elle alluma la lumière et se rendit compte que ce qui éclairait la chambre était un lustre d’une valeur et d’une pureté qui lui parurent infinies. Aude avait été tellement émerveillée par le mobilier que cet homme avait apporté pour décorer sa chambre qu'elle avait consacré plus de temps à la visiter qu’à la nettoyer. Mais elle se rendit vite compte qu’il n’y avait rien à nettoyer tant cet homme semblait méticuleux. Et le lit n’avait pas été défait. Elle reprit ses affaires et sortit.

En arrivant au rez-de-chaussée, Aude demanda à la réception comment s’appelait l’homme qui habitait au deuxième à la porte numéro deux. On lui répondit qu’il se nommait monsieur Marchant.

Sa journée terminée, elle retourna dans sa chambre tout en se demandant à quoi pouvait ressembler cet homme.

 

Edwin et Yoan.

Chapitre 5

Par Seconde 10 :: 06/02/2006 à 15:36 :: Général

       Elle s’allongea sur son lit et ne cessa de penser à cet homme.

En repensant aux tableaux qui ornaient les murs, aux tapis orientaux qui recouvraient le sol de la chambre, elle s’imagina qu’il devait s’agir d’un grand voyageur ou même d’un ministre. En ouvrant ses placards, elle avait aperçut des costumes qui ne dénoteraient pas dans la garde robe d’un ministre.

Mais elle se demandait ce qu’un tel homme pouvait bien faire à l’Hôtel Le Marquis. Cet homme riche était sans doute venu là pour se reposer et avait sûrement voulu s’éloigner du monde des affaires. Elle imaginait un vrai Monsieur, un grand séducteur. Rencontrer cet homme était inimaginable, leurs mondes étaient opposés.

Elle se disait aussi qu’il n’était pas raisonnable pour elle de rêver à une éventuelle histoire. Pourquoi un tel homme perdrait son temps avec elle ? Elle se disait qu’une telle rencontre n’aurait jamais lieu.

 

Morgane et Laurie.

Chapitre 6

Par Seconde 10 :: 07/02/2006 à 15:45 :: Général

 

       Aude passa la nuit à rêver. Elle voulait au fond d’elle que cette nuit passe vite, être le lendemain pour retourner explorer la chambre de cet homme mystérieux.

Le lendemain, alors qu’elle allait entrer dans cette chambre qui la faisait perdre pied, elle entendit un bruit qui fit palpiter son cœur. Elle n’avait encore jamais vu personne dans cette chambre, mais elle entra. Elle ouvrit la porte lentement puis enfin l’aperçut. Il avait les cheveux bruns avec cependant quelques mèches blanches ce qui leurs donnaient une couleur poivre et sel et le rendait très élégant. Il n’était pas très grand, avait de toutes petites jambes et un buste peu développé. Pourtant sa petite corpulence dissimulait un homme grand, fort et dur. Ses yeux en forme d’amande étaient verts mais malgré la couleur plutôt douce de ses yeux, le fond de son regard laissait apparaître une froideur, une menace. Il la regardait d’un air soucieux et elle ne put se retenir de baisser la tête. Sa bouche rose pale se faisait discrète sur son visage, sa lèvre supérieure s’effaçait de par sa maigre taille. Il avait un sourire en coin qui lui donnait un air enfantin, il devait savoir que cela plaisait aux femmes et il prenait cela pour un atout. Cet homme charmeur était vêtu d’un veston noir qui couvrait une chemise trop grande au niveau de ses bras. Le veston recouvrait aussi son pantalon soutenu par des bretelles noires. L’homme avait un charme qui ne laissa pas Aude indifférente. 

- " Bonjour, lui dit il. Vous devez être la femme de chambre. Je me présente ; je suis Monsieur Marchant, l’heureux locataire de cette modeste chambre. "

Enfin il lui avait parlé et dans sa voix on sentait que Monsieur Marchant était un homme à femmes et qu’il savait leur parler. Aude se sentit rougir et passa ses petits doigts nerveux dans ses cheveux comme pour les remettre en place. Elle lui répondit en essayant de se mettre en valeur :

-" Effectivement je suis la femme de chambre qui s’occupe de vos appartements."

Etonné, Monsieur Marchant lui répondit :

-"  A bon ! Pourtant je ne vous ai jamais vue. Il est vrai que je m’absente souvent ces derniers temps. Etes vous nouvelle par ici ?

-  Non … enfin oui, je viens de la campagne… mais je n’ai pas le temps de vous expliquer cela aujourd’hui, il faut que je me remette au travail. 

-  Je suis d’avis que l’on fasse plus ample connaissance, vous me paressez bien charmante. Et puis je suis très curieux que vous m’expliquiez ce que vous êtes venu faire à Paris." 

 

Héloïse et Lucie.

Chapitre 7

Par Seconde 10 :: 08/02/2006 à 17:26 :: Général

        Aude résista aux avances de Marchant une bonne semaine mais très vite elle succomba.

Le vendredi suivant, Aude était en train de faire le ménage dans la chambre de Monsieur Marchant quand celui-ci entra.

- Eh bien Aude, vous n’avez toujours pas fini ! Ecoutez, après votre travail, vers 19 heures, passez me voire dans ma chambre et je vous emmènerai au Moulin Rouge ». 

Aude fut assez déstabilisée par cette invitation. Dès qu’elle eut fini son travail, et qu’elle fut dans sa chambre, elle chercha les plus beaux vêtements qu’elle avait. Malheureusement la seule tenue convenable qu’elle avait était une vieille robe de satin noire toute mitée qu’elle avait héritée de sa mère. Lorsqu’elle l’eut dépoussiérée et arrangé le plus possible, elle descendit devant la porte de l’hôtel. Mr Marchant arriva à 19 heures 20 et dit:

-« Venez Aude, ne perdons pas de temps ».

Alors Mr Marchant la traîna le long du boulevard extérieur, ils passèrent devant l’hôpital Lariboisière, encore en travaux. Enfin ils arrivèrent devant le Moulin Rouge, tout illuminé.

Ils entrèrent et prirent une table sur les estrades qui entouraient la piste de danse. La salle était toute rouge. Les plats arrivèrent, Aude avait commandé un plat qu’elle avait choisi juste pour son nom. Ils commandèrent du grand vin, mais Aude n’osait se servir. Aude se croyait au paradis, la soirée était merveilleuse.

Puis ils rentrèrent à l’hôtel et se quittèrent avec beaucoup de mal car Aude était convaincu d’avoir trouvé le grand Amour.

 

Kévin et Guillaume.

Chapitre 8.

Par Seconde 10 :: 09/02/2006 à 17:29 :: Général

         Leur petite aventure réussit à survivre quelques jours malgré la désapprobation d’Eugénie et les risques que le patron d’Aude ne l’apprenne. Mais Monsieur Marchant n’était descendu dans cet  hôtel que le temps de trouver un appartement où s’installer. Il dut bientôt partir.

Hésitante et troublée, Aude resta figée incapable de franchir le seuil de cette porte. La main sur la poignée, les yeux mouillés, elle savait que c’était la dernière fois qu’elle apercevrait l’homme qu’elle aimait. Ces mots si durs à entendre, tant redoutés résonnaient dans sa tête. C’était le jour où il devait quitter l’hôtel, la laissant seule et amoureuse.

Pourtant elle dut se convaincre de rentrer, espérant de tout son cœur qu’il ne serait pas là, afin d’éviter ses adieux.

En pénétrant dans la pièce, Aude aperçut seulement ses valises rangées de manière ordonnée au pied du lit. Elle scruta les moindres recoins du logement. Après quelques secondes elle constata qu’il n’était pas là. Ses muscles se décontractèrent, puis elle marqua un temps de pause et entreprit sa tâche habituelle. Elle se rapprocha de l’horloge en marbre ornée de filaments d’or. Celle-ci l’avait toujours fascinée, cette statuette représentant une femme semblait contrôler le temps et la vie. Alors s’approchant pour la nettoyer, elle fut surprise d’apercevoir que celle-ci n’était pas à l’heure. Elle affichait dix-sept heures, hors il était seulement dix heures du matin. Aude comprit que celle-ci s’était arrêté la veille quand Marchant lui avait annoncé son départ. Pourtant elle semblait jeune et pleine de vie !

Cependant Aude ne s’arrêta pas, elle voulait terminer son travail avant qu’il ne  revienne.

Elle se mit à nettoyer cet imposant lustre qui décorait si bien la pièce. Il était entièrement fait de petites pampilles de cristal, donnant fortement l’impression qu’il s’agissait de diamants illuminant à eux seuls la chambre  mais ils tombaient comme fatigués vers le sol. Elle y faisait très attention car celui-ci ne tenait guère et l’escabeau sur lequel elle tenait n’était pas très stable.

Tout à coup, un bruit se fit entendre. C’était lui. Il était de retour.

Elle s’affola, ne sachant plus que faire. Elle entendait les clés dans le verrou de la porte, il allait entrer, la voir! Son tremblement repris, elle fut incapable de bouger, et là ce fut la chute. Ce lustre si fragile venait de tomber. Sur l’instant, la chute sembla lente comme si le lustre tombait au ralenti et puis il vint s’écraser contre le parquet. Le lustre se décomposa, dénudé de tous ses diamants, il avait tout perdu. Aude avait fait un mauvais mouvement à cause de son affolement ce qui avait causé cet accident.

L’homme entra, puis regarda Aude ainsi que les morceaux de verre brisés. Il remarqua l’état dans lequel était Aude, afin de la rassurer, il lui prit la main. Tous ses membres tremblaient et elle essaya tant bien que mal de se calmer. Elle ne fit guère attention au lustre maintenant en mille morceaux, pourtant toutes les lamelles de cristal gisaient sur le sol, éparpillées dans toute la pièce qui ne ressemblait plus à grand chose.

Aude regarda Marchant. Il ne disait rien et elle non plus, ce silence était pesant. L’homme se décida enfin à lâcher les mains d’ Aude et se dirigea vers ses valises sans toujours lui adresser un mot. Il les ferma, pris les quelques affaires qui restaient puis la regarda une dernière fois. Pendant ce temps Aude continuait son travail pour ne pas le voir s’en aller. Tandis qu’elle dépoussiérait la grand table circulaire qui se trouvait au milieu de la chambre, l’homme lui déposa un baiser tendre avant de lui dire ces quelques mots .

- " Depuis ces quelques jours, je ne cesse de penser à vous et cela fait un moment que je cherche à vous le demander. Je souhaite que vous veniez vivre à mes côtés." 

Aude ne sut pas quoi répondre, tout se bousculait dans sa tête, elle repensa à son premier jour dans la grande ville, à son travail, son foyer. Non vraiment elle ne s’attendait pas du tout à ce genre de proposition car elle se disait que c’était irréel. Comment un homme comme lui pouvait vouloir d’une simple chiffon ? Elle se répétait sans cesse cette question. L’homme la rassura et lui dit qu’il veillerait à ce qu’elle ne manque de rien. Elle l’aimait tant et il savait, semblait-il, s’en servir pour la séduire. Elle accepta.

Aude ne savait pas du tout ce que l’avenir lui réservait mais elle paraissait  hypnotisée  par la seule présence de l’homme. Oui, elle était tombée sous son charme.

 

Fanny et Mélody.

 

Chapitre 9.

Par Seconde 10 :: 10/02/2006 à 17:36 :: Général

 

Quelques jours plus tard, elle était enfin chez lui.

Sur le seuil de sa porte, Aude hésita encore quand la porte s’ouvrit et qu’apparut Mr Marchant qui lui fit une admirable révérence en lui baisant la main. Aude rougit. Il s’empressa alors de prendre ses bagages tout en la poussant pour qu’elle entre.

Marchant logeait maintenant dans un confortable appartement situé rue Antoinette, ce qui changea formellement Aude de sa misérable vie de femme de chambre.

Une fois à l’intérieur, Aude fut impressionnée par le rangement qu’il avait effectué. A petits pas, elle découvrit le reste de ce salon agréable avec une  vue magnifique.

La lumière du jour traversait la fenêtre en laissant passer les fins rayons du soleil encore visibles et en frappant leur peau d’une douce chaleur. Sur un mur d’une blancheur extrême ce qu’elle prit pour le célèbre « Lola de Valence » ainsi que « les Gitanes » et « Musiques de Tuileries » étaient accrochés. Marchand était un grand admirateur du peintre Manet et exposait ses œuvres avec fierté et bien en évidence. Mais on pouvait également observer «  La classe de danse » de Degas ou encore une sculpture d’un David  de Gargallo placé là, près d’un canapé de velours d’un vert bleuté extraordinaire qui illuminait la pièce.   

Au milieu de la vaste salle, Aude admirait une somptueuse table avec deux assiettes, deux verres de champagne et un chandelier avec des bougies rouges. Les couverts étaient placés de façon à ce qu’ils soient à égale distance de leur assiette respective.

Aude vit Marchant se diriger vers la table et dit en lui tirant la chaise.

- " Il est l’heure de souper ma chère, prenez donc place.

- Avec plaisir, répondit-elle émerveillée."

Ils restèrent plusieurs heures à discuter de ceci et de cela tout en dégustant leurs dîners puis, exténués, allèrent se coucher.

Au petit matin, Aude se réveilla donc de bonne humeur, heureuse ce matin-là, se remémorant le succulent repas de la veille. Soudain, lorsqu’elle toucha le sol du bout des pieds pour sortir de son lit, elle sentit quelque chose d’étrange… Marchant l’avait une fois de plus gâtée d’un petit paquet mystérieux resté là, toute la nuit, au pied du nid à l’attendre patiemment.

Depuis leur rencontre, Marchant était parfait. Il préparait à Aude des petits plats. Il la comblait de cadeaux ainsi que d’amour. Aude ne regrettait à aucun moment d’avoir accepté de vivre avec lui. Mais elle n’était pas encore au bout de ses surprises.

 Trécy et Alexandra.

Chapitre 10

Par Seconde 10 :: 11/02/2006 à 17:37 :: Général

        Depuis trois semaines, la relation entre Aude et Marchant était au beau fixe.  Il la couvrait de beaux cadeaux, de belles robes, de bijoux et de parures. Mais, malgré tout ces présents, Aude sentait que l’amour porté par son amant n’était plus aussi sincère qu’au début de leur idylle.

Les ennuis ont commencé lorsque Marchant accumula les dettes, elle lui avait pourtant dit d’arrêter de la gâter mais elle se doutait que c’était sa manière à lui de lui faire croire qu’il l’aimait encore.

Un matin, Marchant convoqua Alice, sa bonne, Blanche, sa cuisinière, et sa femme dans le grand salon .

-" J’ai quelque chose d’important à vous annoncer. Alice et Blanche , étant donné que je rencontre quelques problèmes financiers, je me vois dans l’obligation de vous licencier ! 

- Quoi ? fit Alice. Qu’est ce que c’est que ces craques M’sieur Marchant ? Vous vous rafalez ou je me trompe ?

- Cessez je vous prie Alice ! Je ne vous demande pas votre avis ! Vous partez toutes les deux ce soir !

- Mais qui va vous faire à manger si c’est pas moi ? demanda Blanche.

- J’ai hâte de savoir ! renchérit Alice ironiquement.

- Aude ! annonça-t-il fièrement ! "

Aude n’en croyait pas ses oreilles, elle protesta. Tenir une maison, c’est tellement difficile ! Elle ne savait pas quoi répondre.

Ses pensées se mélangeaient dans sa tête, c’était évident, il ne l’aimait plus et le reste de sa vie allait être un véritable enfer. Il ne manquait plus qu’il la batte …

Les larmes aux yeux et la voix enrouée, elle répliqua en bégayant :

- " M…Moi ? Mais je ne me sens pas capable de m’occuper seule de notre foyer.

-Vous apprendrez vite, vous êtes femme de chambre, fit-il sèchement.

- Si vous le dîtes, répondit-elle en baissant les yeux, soumise. "

 

Margaux et Sabrina.

Chapitre 11;

Par Seconde 10 :: 12/02/2006 à 17:42 :: Général

Il était 11h35. Aude se leva la première. Les cheveux ébouriffés par une nuit mouvementée, elle avait eu beaucoup de mal à dormir et s’était agitée toute la nuit. Elle se dirigea vers la cuisine, qui n’était plus très propre depuis que la cuisinière avait été renvoyée. Elle prit deux tranches de pain qu’elle mangea vite tellement elle avait faim.

Peu de temps après Marchant se leva à son tour. Lui aussi avait une mine épouvantable, un teint pâle, des cernes bleues, les yeux rouges et les cheveux collés sur le front. Il se dirigea vers la table et s’assit lourdement sur une chaise. Marchant en regardant Aude demanda où se trouvait son petit déjeuner. Celle-ci, voulant éviter une dispute, répondit qu’elle se préparait justement pour aller faire les courses.

Ces derniers temps l’ambiance dans le couple était très tendue, plusieurs fois Marchant avait manqué de se mettre à crier, alors Aude s’éclipsait dès qu’elle le pouvait.

Une fois dans la rue Antoinette, Aude prit une grande bouffée d’air et se dirigea Rue Berthe où elle alla acheter chez le boucher un long morceau de saucisses, puis dans la rue Ravignan où elle alla chercher du beurre chez le fromager. Elle pris tout son temps, faisant un détour rue Tholozé. Puis elle retourna rue Antoinette. Elle grimpa les escaliers, fière de ses achats. Arrivée en haut elle souffla un peu, releva la tète et brusquement se figea : une femme, grande, blonde, belle, avec une robe magnifique sortait de chez elle. Elle passa devant Aude en l’ignorant totalement. Aude, ne pensant plus a rien, les idées confuses, s’assit sur une marche de l’escalier pendant une dizaine de minutes. Puis elle se dirigea vers son appartement, ouvrit la porte, et trouva Marchant qui s’était peigné, rasé et qui était très bien habillé. Quand il aperçut Aude son visage se durcit, il la regarda et eut un pincement de lèvre en lui demandant ce qu’elle avait ramené. Aude étala le repas sur la table, Marchant l’examina avec attention. Il s’empressa de se mettre à table en ordonnant à Aude de se dépêcher de lui faire à manger car il avait faim. Pendant qu’elle préparait le repas, Marchant se plaignait, il lui reprochait d’être trop longue, d’être bonne à rien.

Quand le repas fut servi, Marchant se jeta dessus en se servant une énorme assiette tandis qu’Aude se contenta de prendre ce qui restait. Elle ne cessait de penser à la femme de tout à l’heure. Qui cela pouvait bien être ? Devait-elle en parler où pas à Marchant ? Elle hésitait. Puis elle se lança, elle leva la tète posa la question qui l’angoissait depuis qu’elle était rentrée. Alors Marchant la regarda avec des yeux sombres, il planta rageusement son couteau dans la table, se leva, attrapa Aude par le bras et lui mis une gifle, puis deux. Il se mit à crier, lui demandant de quoi elle se mêlait, que c’était ses affaires et qu’elle n’avait pas à l’espionner. Puis il se rassit. Aude, debout, avait des larmes qui coulaient le long de ses joues, elle ne parlait pas. Lui par contre riait, disant, sans regarder Aude, que c’était une mauvaise femme de ménage, une bonne à rien. Elle courut dans le salon et s’y enferma. C’était la première fois qu’il levait la main sur elle et qu’il était si violent. Cette nuit là Aude dormit dans un des canapés du salon.

 

Sonia D. et Léa.

Chapitre 12

Par Seconde 10 :: 13/02/2006 à 17:45 :: Général

        Le lendemain de la nuit où, pour la première fois, Aude et Marchant n’avaient pas dormi ensemble, Aude se réveilla seule, se leva et se dirigea vers la cuisine pour manger. Et elle vit sur la porte d’entrée, une note que lui avait laissé Marchant. Sur cette note était écrit les tâches qu’elle devait effectuer pendant la journée. Mais sur cette note, il n’avait pas précisé où il allait. Comme Marchant ne lui avait pas laissé d’argent, elle dut encore prendre dans ses économies. Aude, malgré sa fatigue, décida d’aller chez le boucher pour acheter de la viande. Elle devait après aller au marché, mais elle n’eut pas la force de continuer. Elle rentra donc.

Arrivée à l’appartement, elle posa ses courses dans la cuisine et alla se coucher sur le canapé, sans faire les autres tâches ménagères que lui avait ordonnées Marchant.

Le soir, Aude se réveilla et se rendit compte qu’elle s’était endormie et qu’elle n’avait pas effectué le travail attendu. Puis soudain, elle entendit la clef dans la serrure, elle paniqua, et se pressa vers la cuisine pour faire à manger. Mais au même moment, Marchant rentra, épuisé, remarqua qu’ Aude n’avait rien fait. Il lui demanda ce qu’elle avait fait de sa journée. Aude ne sut pas répondre. Marchant, en voyant la figure d’Aude, devina qu’elle avait dormi. Alors ils commencèrent à se quereller. Aude essaya de se justifier en disant qu’elle pensait être malade. Mais ceci ne servit à rien, Marchant s’énerva de plus belle et commença à la battre, alors qu’ils étaient dans la cuisine. Au bout de quelques gifles, il ouvrit la porte, la poussa dehors, et referma la porte derrière lui. Il alla chercher les affaires d’Aude, sans en prendre soin, puis il ouvrit de nouveau la porte. Aude, en le voyant faire, crut qu’il venait lui présenter ses excuses. Mais malheureusement, il lui jeta toutes ses affaires à la figure, et il referma la porte. Aude, en larmes, descendit les marches de l’entrée, et croisa au même moment, dans l’escalier, cette femme qu’elle avait vu auparavant sortir de chez Marchant. Et elle comprit.

 

Julien Bo. et Adrien.

Chapitre 13.

Par Seconde 10 :: 14/02/2006 à 17:47 :: Général

 

Aude était maintenant depuis deux heures dans la rue. La nuit était tombée. Elle se sentait mal, broyait du noir, et se sentait rejetée par les autres. Toutes les personnes qu’elle croisait lui jetaient des regards méchants dans lesquels on pouvait apercevoir comme du dégoût. Ces regards renvoyaient la pauvre et pathétique jeune femme à l’idée même qu’elle était devenue une moins que rien. Mais Aude ne faisait plus du tout attention à ce genre de regard qui ne voulait  plus rien dire pour elle.

Alors la pauvre fille marchait dans les rues de Paris. Elle traînait et elle pensait. Elle se remémorait son parcours, son arrivée à Paris, son premier rendez vous avec Marchant. Et au même moment, par un pur hasard, elle passa devant le moulin Rouge et à la vue de ce restaurant une larme coula le long de sa joue pour finir son trajet sur une de ses chaussures qui était usée jusqu’à la semelle.

Cette larme était-elle un signe de tristesse ou de fatigue ? Car la jeune femme était exténuée, elle n’en pouvait plus moralement et physiquement. En effet elle n’avait pas mangé depuis le matin et la faim commençait à se faire sentir. Pour ce qui est de sa soif, la jeune femme l’étanchait en récupérant les vieilles bouteilles d’alcool que les vagabonds laissaient traîner sur le bord du trottoir.

Mais la faim et la fatigue eurent raison d’elle et la pauvre s’assoupit sur le trottoir en face du Moulin Rouge. Son corps tomba sur de vieilles ordures qui devaient sûrement êtres celles du restaurant.

Dans son sommeil elle fit un rêve sombre. Elle dans une rue adjacente au boulevard Clichy et le ciel était d’un noir ténébreux. Des bruits étranges en émanait, comme des murmures. Elle vit un corps inerte sur le sol, l’ange de la mort se tenait debout devant ce corps inerte et en s’avançant elle s’aperçut que la fille sur le sol c’était elle.

Stupéfaite Aude  se réveilla en sursaut et l’idée que ce rêve était prémonitoire lui traversa l’esprit mais la jeune femme s’en dissuada et pour refouler ce cauchemar -car il faut bien le dire, Aude n’avait pas fait un rêve mais un cauchemar- elle se mit à chercher du travail.

 

Jean-Mathieu et Julien Bi.

Chapitre 14

Par Seconde 10 :: 15/02/2006 à 17:49 :: Général

      Aude s’engagea rue Tholozé, une petite rue dans laquelle on pouvait trouver un boucher, deux teinturiers et un épicier. Personne n’était dehors par ce froid matinal les ouvriers étaient déjà à leur travail et les bourgeois, eux restaient bien au chaud dans leurs douillets appartements. Ah les bourgeois ! Aude ne comprenait toujours pas pourquoi ces gens là vivaient une vie paisible, souvent sans travailler, alors que eux, les ouvriers, étaient destinés à trimer jusqu’à la mort pour vivre dans la médiocrité la plus grande. Cette pensée dégoûtait tellement Aude que son envie de faire changer les choses lui redonna un minimum de courage pour retrouver un travail. Maintenant elle se trouvait rue Saint-Vincent, elle alla dans tous les hôtels du quartier, du plus médiocre au plus luxueux, elle alla même voir quelques particuliers. Personne ne voulait d’elle, mais alors qu’elle commençait à perdre courage elle vit dans la rue Marcadet un petit hôtel assez miteux. Les murs étaient jaunis par la saleté et l’humidité, les volets d’un vert repoussant criaient chaque fois que le vent les ramenait vers les fenêtres du bâtiment comme s’ils ne désiraient plus voir ce qu’il y avait à l’intérieur. Au rez-de-chaussée une fenêtre ouverte dégageait une odeur de déchets et de linges sales qui avait du mal à se dissiper dans l’air. La petite porte du même vert que les volets ne trahissait pas le reste du bâtiment, elle était toute délabrée, mangée par les termites qui, semble-t-il, s’en étaient fait un véritable festin. Au dessus de la porte se trouvait un petit panneau sur lequel était écrit : “22 rue Marcadet, Hôtel Toc “. Elle hésita longuement à entrer dans cet hôtel mais sa situation ne lui permettait pas de refuser quelque offre que ce soit. Elle se décida, s’avança lentement en direction de la porte mais lorsqu’elle essaya de l’ouvrir la porte ne bougea pas comme si quelqu’un de l’autre côté l’empêchait de l’ouvrir. A ce moment  là une voix virile s’éleva de derrière la porte et hurla tellement fort que Aude en resta pétrifiée.

 

-"  Il faut donner un coup sec car la porte a gonflé à cause de l’humidité !"

 

 Aude reprit vite ses esprits et fit ce que l’homme lui avait dit mais elle dut quand même s’y reprendre à trois ou quatre fois pour que la porte s’ouvre enfin. Elle découvrit l’homme qui possédait la voix qui l’avait faite trembler. Il était énorme. Son ventre proéminent ne laissait pas de place derrière le comptoir où il se trouvait. Mais ce qui l’impressionna le plus, c’était son inégalable laideur, il avait trois énormes boutons qui dépassaient de son double menton et son front, tout ridé, sur lequel d’énorme gouttes de sueur coulaient, lui donnant un air aussi repoussant que son hôtel. Il portait un pantalon tout troué et une veste marron qui, d’après l’odeur qui s’en échappait, ne devait pas avoir été lavée depuis que l’homme la portait. L’homme la fixa longuement et lui demanda sur le ton le plus agressif qu’il devait avoir: 

- "Vous v’nez pour une chambre ?

- Non, je chercherais plutôt un emploi de femme de chambre, dit-elle timidement.

- Ah ! ça tombe bien, d’tout’ façon j’avais aucune chambre à vous proposer. Par contre pour un poste de femme de chambre, vous êtes la bienvenue. J’ai qu’une seule femme de chambre et elle est bonne à rien, une vraie clampine.

- Pour moi il n’y a pas de problème je ferai tout le travail que vous me demanderez !

- Y’ a intérêt car, vous, j’aurais aucun scrupule à vous envoyer à Chaillot ! De plus vous me paraissait un peu bringue mais bon j’espère que vous me décevrez pas !

- Non je ne vous décevrai pour rien au monde ! Vous ne pouvez pas savoir à quel point cela me fait plaisir de retrouver du travail.

- Attention, vous attendez pas à gagner beaucoup d’oseille ! J’ vous paierai 3 francs cinquante par jour si vous travaillez bien ! dit-il en reprenant son air agressif.

- Il n’y a aucun problème de mon côté, ajouta t-elle précipitamment.

- Alors allez travailler et dépêchez-vous si vous voulez pas qu’il y en ai du mien ! Rendez vous dans la chambre 4, votre collègue Mme Reinard vous y attend, demandez lui votre matériel et mettez vous au travail !"

 

Aude ne se le fit pas répéter, contente d’avoir trouvé un travail mais aussi parce que cet homme lui faisait une peur monstre. Elle se rendit dans la chambre 4 où elle retrouva Mme Reinard, une femme assez âgée de petite taille qui avait l’air un peu plus amicale que l’homme en bas.

-" Qu’est-ce que vous voulez, vous n’avez pas le droit venir ici !, cria -t-elle."

 

        Aude lui expliqua qu’elle était la nouvelle femme de chambre et que l’homme en bas lui avait dit de venir la rejoindre pour prendre son matériel. La femme qui n’avait pas l’air très confiante descendit dans le hall d’entrée. Mais quand elle remonta elle afficha enfin son plus grand sourire. Elle s’excusa d’avoir été désagréable et elle lui dit que le quartier n’était pas très sécurisant, c’était pour ça qu’elle était aussi méfiante.

Aude se rendit donc avec tout son matériel dans la chambre 6 qui, semblait-il, n’avait pas été nettoyé depuis des lustres. La crasse s’était déposée un peu partout sur les meubles, le sol et même sur les murs. Elle prit une brosse et gratta toute la crasse qui se trouvait sur le parquet de cette médiocre chambre qui, selon Aude, ne devait pas être habitée. Mais elle avait tord car dans le panier de linge sale elle trouva une montagne de vêtements qui devaient être envoyés chez la blanchisseuse le jour même.

Après avoir retiré la crasse des murs et celle qui se trouvait sur les meubles Aude passa le balai et fit la poussière. Elle refit aussi le lit, rangea les affaires qui traînaient par terre et vida les poubelles. Quand elle eut fini sa première chambre, elle se rendit à la suivante qui était encore plus sale que la première. À la fin de la journée, elle se sentait revivre, retrouver un travail, même dans cet hôtel minable, lui redonnait espoir. Mais quelques minutes plus tard alors qu’elle se rendait dans sa propre chambre, elle entendit à nouveau la voix virile de son patron s’élever du rez-de-chaussée. Même si d’habitude Aude avait l’impression qu’il était en colère, cette fois ci quand elle l’entendit, elle comprit tout de suite qu’il était dans une colère noire.

En descendant, elle rencontra Mme Reinard qui lui raconta que l’un des clients était venu se plaindre car son porte-feuille avait disparu. Le patron lui avait demandé de quelles chambres elle s’était occupée et apparemment la chambre dans laquelle le vol avait eu lieu était l’une de celles que Aude avait nettoyée. Quand elle arriva en bas elle crut que le patron allait la tuer, il l’attrapa par les cheveux et la lança de l’autre côté de la pièce.

- " Pourquoi tu lui as piqué son oseille sale morue ? Je t’avais pourtant prévenu qu’on ne voulait pas de pisseuses ici !Mais je n’ai rien fait, jamais je n’oser…

- Tais-toi sale gaupe ! T’as pas la permission de parler ! Le client à qui t’ as volé le portefeuille est allé voir dans ta chambre s’il n’y est pas. Et s’il le trouve j’appellerai la police et t’ iras finir tes jours en prison, gadoue !

-  Mais je vous jure que je n’ai rien à voir avec ce vol ! Je suis tellement contente de retrouver du travail que jamais je ne ferais quelques choses qui puisse nuire à ma position !

- Tu trouvais que ton salaire était trop bas ! Tu verras que la où tu va aller il ne sera pas plus haut !

- Non ! Je vous dis que je n’y suis pour rien !

- Tais-toi maintenant chameau, j’accepterais jamais d’avoir employé une chipeuse dans mon respectable hôtel !

 

        L’homme qui n’avait rien trouvé dans la chambre d’Aude était retourné dans sa chambre pour voir s’il ne l’avait pas oublié quelque part et il eut raison d’aller vérifier car son portefeuille était resté dans une veste qu’il avait mise dans le panier de linge sale. Il redescendit avec le portefeuille à la main mais, trop fier pour avouer son erreur, il dit au patron qu’il l’avait bel et bien trouvé dans la chambre d’Aude. Le patron s’énerva encore plus. Cette fois il la pris par le cou et lui cria dans les oreilles que plus jamais elle ne trouverait du travail. Et il demanda à un des hommes qui se trouvait avec lui d’aller chercher un sergent de ville mais l’homme qui s’était soi disant fait voler son portefeuille intervint et dit que c’était déjà suffisant qu’elle se fasse renvoyer. Le patron le regarda puis se retourna vers Aude avec son regard noir et il lui dit : “ T’ as d’ la chance que le monsieur soit gentil mais que je te recroise plus dans le coin sinon j’ te jure que j’ te bûcherai jusqu’à ce que tu puisses plus bouger ! “. Il ouvrit la porte et la jeta sur les dalles glacées de la rue.

Aude se releva. Elle ne comprenait pas encore bien ce qui venait de se passer mais elle avait à nouveau perdu son travail et en même temps l’espoir d’en retrouver un un jour. Elle pleurait plus que jamais. Elle trouva une petite rue et s’y allongea. Elle repensait à sa journée passée et ne pouvait concevoir que le bonheur se soit arrêté aussi vite ! Elle avait tellement travaillé que la fatigue la prenait peu à peu, elle essayait de lutter mais cela ne servait à rien, ses yeux commençaient à se fermer. Et elle s’endormit au milieu de cette petite ruelle, dans le froid glacial de l’hiver qui débutait.

 

Loïc et Clément.

Chapitre 15

Par Seconde 10 :: 16/02/2006 à 17:55 :: Général

        Le réveil fut difficile. Aude en avait assez, elle avait mal à la tête et au dos mais elle souffrait surtout du froid et de la faim. Elle se mit debout et regarda aux alentours. Toutes les boutiques étaient ouvertes et les gens s’affairaient, ignorant Aude.

Ce jour là, elle décida de faire le tour des autres hôtels pour retrouver un emploi. Elle dépensa un sous pour deux pommes qu’elle mangea très rapidement. Elle traversa la rue Neuve de Clignancourt, remplie d’espoir avec la ferme intention de retrouver un emploi et sa dignité mais surtout de se venger des hommes qui l’avait humiliée. Elle se dirigea vers un hôtel, rue Oudot qui n’était pas luxueux mais qui cherchait une femme de chambre. Elle se sentait anxieuse mais prit son courage à deux mains et entra. Elle tomba directement sur le patron.

- " Bonjour Monsieur.

- Bonjour mademoiselle, vous désirez ?

- Je..je..je.. cherche un emploi de femme de chambre.

- Eh bien justement, nous manquons de personnel, dit le patron radieux. Puis- je connaître votre nom ?

- Aude Duron.

- Quoi vous êtes Aude la pisseuse ! Allez-vous en avant que j’appelle les bourdilles, sale Gadoue."

Aude courut le plus vite possible. Elle s’arrêta au coin de la rue Lamarck. Elle pleurait tellement qu’elle attirait les regards et les commentaires des passants.

- "Ah ben , c’est beau ! qu’elle aille chialer ailleurs l’aut’ peau !

Aude, dépitée, fit tous les hôtels du quartier mais sa réputation de voleuse la rattrapait toujours.

- Je te donnerai jamais ma caire ! Sale gaupe !"

Son ancien patron avait donc le bras long pour que tous les patrons d’hôtel soient déjà au courant de l’épisode de la veille.

Aude perdit tout espoir. En fin de journée, elle eut des idées de suicide. Il fallait se rendre à l’évidence, le monde ne voulait plus d’elle.

Elle chercha partout une planche de bois assez épaisse ou quelque chose sur quoi monter. Elle prit une vielle corde qu’elle avait trouvée rue Saint-Vincent. Elle préparait son gibet. Elle pleurait à chaudes larmes en se remémorant son existence et sa première rencontre avec Marchant. Aude enfila la corde autour de son cou et poussa le morceau de bois. Elle souffrait le martyre, et voulait hurler mais elle n’y arrivait pas. Quand soudain la corda céda, entraînant Aude dans sa chute. Elle pleurait. Elle enleva la corde de son cou. Elle venait de vivre un moment douloureux et insupportable qu’elle voulait oublier.

 

Jérémie et Dorian.

Chapitre 16

Par Seconde 10 :: 17/02/2006 à 18:00 :: Général

        Elle fit quelques pas, se rassit. La faim la rongeait de plus en plus, quand une délicieuse odeur de pain chaud lui caressa les narines. Elles rassembla ses dernières forces, se leva et se laissa guider vers une jolie boulangerie. Elle dissimula discrètement un pain dans ses haillons. Par gourmandise elle essaya  d’en prendre un deuxième quand le boulanger, imposant, arriva avec le rouleau à pâtisserie à la main. Elle reposa le deuxième pain et se mit à courir aussi vite qu’elle put. Il la suivait et hurlait de sa voix rocailleuse : "Voleuse ! voleuse !"

Aude courrait de plus en plus vite, tournait dans n’importe quelle rue et se retrouva sur la chaussée Clignancourt, trébucha et s’affala dans une flaque d’eau. Elle resta immobile pendant quelques minutes. Elle se releva et se recroquevilla sur le trottoir pour commencer à manger son pain malgré ses vêtements trempés. Tout en dégustant son repas, elle se demandait de quelle façon elle allait passer la nuit sans mourir de froid.

Une fois son pain fini, elle se mit à chercher quelque chose de chaud pour la nuit. Elle chercha dans les poubelles à côté mais il n’y avait rien. Elle remonta alors la chaussée. Elle fouilla dans toutes les poubelles et trouva un morceau de carton et un reste de chemise d’homme. Soudain, elle aperçut au loin, sous un bec de gaz, un homme aux larges épaules et une femme qui le suppliait de l’emmener. Celle-ci était grosse et boitait. Aude la regarda pendant quelques secondes et pensa qu’elle n’était pas seule à être désespérée, pauvre et sans abri. Une fois qu’elle eut trouvé ce qu’elle cherchait,  Aude revînt sur ses pas.

Elle s’installait pour la nuit quand elle sentit au fin fond de sa poche un petit objet froid et métallique. Elle le sortit et s’aperçut que c’était une clef, la petite clef qui servait à ouvrir l’appartement de Marchant. Oh! Comme cette petite clef lui rappelait d’anciens souvenirs. Elle se revoyait le jour où elle avait du s’occuper de la chambre de Marchant à l’hôtel Le Marquis. Elle se remémora aussi la première fois qu’elle l’avait aperçu,  vêtu d’un costume noir, les yeux en forme d’amandes, la bouche fine mais voluptueuse, le visage fin un peu marqué mais  qui faisait son charme. Elle se souvenait aussi de leur premier rendez-vous, le Moulin- Rouge, le jour où il lui avait proposé d’habiter dans son nouvel appartement. Comme elle était heureuse ! Mais il s’était servi d’elle alors qui croyait en son amour. De bien tristes souvenirs remontaient en elle.

Elle avait vécu dans le luxe et à présent, elle retrouvait allongée dans une rue noire de saleté où la terre et l’eau ruisselaient le long des trottoirs desquels sortait une odeur nauséabonde. Des rats s’étaient installés un peu partout sur la chaussée. C’était à cause de sa confiance aveugle en cet homme qu’elle en était arrivée là. Son tragique destin lui rappelait  celui de sa mère, une femme dévouée à son travail qui voulait s’en sortir mais qui était tellement naïve qu’elle avait été abusée par un homme qu’il l’avait mise enceinte. Aude pensait qu’en quittant la province pour venir à Paris elle n’allait pas subir le même sort mais on échappe ni à son destin ni à son hérédité.

Le froid et la neige la ramena à la réalité. Elle ne s’était même pas aperçue qu’il neigeait. Elle resta là, immobile, à contempler sa petite clé.

 

Alexia et Dorine.

 

Chapitre 17

Par Seconde 10 :: 17/02/2006 à 18:32 :: Général

       A présent, c’était inéluctable, son destin était scellé .Il n’y avait plus la moindre lueur d’espoir, plus d’échappatoire. Elle mourrait  tôt ou tard, dans la pauvreté.

Les nombreux passants la laissaient pour morte. Ils ne la regardaient pas, plus attirés par les grandes affiches de la place de Clignancourt. La nuit arrivait et avec elle des températures glaciales. Ce serait un exploit si elle résistait car l’hiver était un des plus froid jamais connu. Aude ne bougeait plus. Ses doigts de pieds étaient gelés ainsi que tout le reste de son corps, usé par une vie misérable.

Marchant passa non loin comme si le destin n’avait pas fini de s’acharner contre elle. Il était avec une des nombreuses femmes de joie de la place de Clignancourt. Elle avait reconnu mais lui n’avait pas fait attention à elle.

Plus le temps passait, plus son corps était envahi par le froid sec de cette nuit d’hiver .Son corps prenait la couleur bleu du gel.

Un groupe de passants lui parlait mais elle n’ entendait plus ce qu’il lui disait. L’un  s’approcha, lui prit l’unique clef restante à son trousseau et lui assena de nombreux coups. Mais elle ne les sentait quasiment pas. Elle était anesthésiée par le froid. Ces coups accélérèrent le processus qui l’amenait petit à petit vers la mort.

Le temps paissait et Aude se mit à dormir. Elle ne se réveillerait plus. Dormir dans ce froid après  les nombreux et douloureux coups qu’elle avait reçus ne lui laissait aucune chance. Aude mourut seule comme elle avait passé la majeur partie de sa vie.

 

Joris et Omar. 

 

Glossaire des mots d'argot.

Par Seconde 10 :: 17/02/2006 à 19:17 :: Glossaire des mots d'argot.

Glossaire des mots d’argot.

 

Mot d’argot

Définition

Avoir le sac

Avoir de l’argent, être riche

Aristo

Qui se croit supérieur aux autres

Arlequins ( les )

Déchets de cuisine

Balthazars ( les)

Repas copieux

Bassin

Homme ennuyeux

Bastringue 

Guinguette de barrière où le populaire va boire et danser les dimanches et les lundis.

Bourdilles (les)

Les policiers

Bringue

Mince et déhanché

Bûcher

frapper

Caire (ma)

Mon argent

Chiffons* ( les )

Les femmes de chambre

Clampine ( une)

Une fainéante

Cruchon

Fille bête.

Dégommer (se)

vieillir, perdre de sa fraîcheur

Envoyer à Chaillot

Envoyer promener.

Faire des queues

Tromper

Faire une mistoufle

Faire une farce, une méchanceté, une trahison

Faire sa tata

Bavarder, dire des riens, faire sa précieuse

Gadoue, Crincrin*

Femme ou fille de mauvaise vie

Gaupe ( une)

Fille d’une conduite lamentable

Gobelotter

Aller de cabaret en cabaret

Loquer* ( se )

S’habiller

Mannezingue

Cabaret

Matou (un)

Homme aimant les femmes

Pisseuse (une)

Une jeune fille dévergondée.

Peau (une)

Femme de mauvaise vie.

Rafaler ( se)

Devenir pauvre, tomber dans la misère

Relicher ( se faire)

Se faire embrasser

Rispailler*

Se goinfrer

Singe

Patron

Suiffard ( un)

Homme mis avec élégance, avec chance

Tarpager *

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 * Les mots suivis d’un astérisque sont des mots d’argots inventés  par les élèves.